Date de la sortie
·
Temps d'activité
10 h passées sous terre

Le Trou Souffleur

Participants
  • Prénom
    Saphire
  • 🦇 des participants externes

À l'occasion de 3 jours de beau temps, nous constituons une petite équipe mixte Troglos-SCV pour aller découvrir le Trou Souffleur !

Nous partons de Lyon le vendredi soir, pour une trajet qui se révélera subjectivement plus long que la sortie elle-même. Étonnamment, nous ne sommes pas les seuls à prendre la route du Sud en cette fin du mois de mai.

Arrivés aux alentours de 23h dans le petit village d'Aurel, nous errons comme des âmes en peine à la recherche d'une maison avec une porte bleue. Nous en avons trouvé des quinzaines. Heureusement, notre hôte sort de son habitation, et nous accueille gentiment (au moment où on avait enfin trouvé la bonne porte...).

Le lendemain, nous nous prélassons dans les gorges du Toulourenc et nous testons les terrasses du coin. Nous rentrons tôt pour préparer la sortie : nous organisons méticuleusement nos kits et prévoyons une quantité généreuse de victuailles. Nous nous couchons à l'heure des poules insomniaques.

Le lendemain, tout le monde a bien dormi et nous sommes prêts pour l'aventure ! Début de l'équipement : 8h35 en claquettes-chemisette.

Nous voilà dans le ventre de la bête. Après le premier puits, nous nous aventurons dans le méandre des Absents (personnes qui ne sont pas là). Et là, suite à des sévices et des maltraitances graves, un kit tente une fugue. Cela nous amène à remplacer tous les mousquetons de kit par des mousquetons à virolles. Passés les derniers puits de la première partie, nous arrivons sans plus de péripéties au début du terrible et paumatoire Méandre de l'Ankou (personnification spectrale de la communauté des morts en mythologie bretonne). Nous laissons une bouteille judicieusement placée afin de ne pas nous égarer à la remontée, et nous engageons dans cette longue épopée de 200 m ressentis 3 km. Malgré le caractère sinueux et vertical de l'obstacle, le chemin est assez évident, et les points blancs rassurants. Nous voilà bientôt en haut du puits du docteur Ayme (premier découvreur du trou en décembre 1935).

C'est parti pour un enchaînement de fractionnements au réglage parfois suboptimal, dans un environnement toujours plus majestueux. Les puits sont de plus en plus grands. Nous remarquons l'arrivée dans le puits André Gendre (second grand explorateur de l'Aven en 1960) car nos lampes ne nous permettent pas de distinguer clairement les parois autour de nous.

Arrivés au fond après 4h de descente, nous nous redécouvrons les uns et les autres, nous sustentons brièvement et admirons la rivière d'Albion (fédération celte du midi de la France dans l'Antiquité, 49 avant JC).

La remontée des grands puits se déroule dans un rythme mécanique ponctué par des "Libres" réguliers qui confèrent un caractère méditatif à l'ensemble. La méditation sera bientôt interrompue par l'Ankou (voir plus haut) : le retour. Rythme de progression : 1 Ankou/heure. La torture prend fin à la vue de la bouteille de Contrex qui nous accueille à la sortie du méandre. Nous en profitons pour reprendre une pause sustentatoire. Nous voilà frais comme des gardons pour savourer le puits de l'Anaconda (très très gros serpent constricteur - comme un cabestan mais en serpent - d'Amérique du Sud) et ses conpuits. Tout se passe comme sur des roulettes jusqu'à un moment d'absence dans le méandre éponyme, où une énergumène du groupe décide de s'engouffrer avec entrain dans une étroiture d'environ 15 cm de large. Elle s'en extirpera par de nombreux mouvements de reptation en apnée. Dans un élan d'énergie infinie, elle s'élance vers la sortie du gouffre et se bat avec la lourde trappe. Elle retrouve la lumière du jour aux alentours de 18h, heureuse, mais couverte de bleus et de terre. Ses camarades ressortent du trou satisfaits et s'exclament d'une seule voix : "Je suis content !" (comprenne qui pourra).

Nous profitons du lundi férié (plus ou moins, jour de solidarité) pour nous temper, nous délasser et grimpouiller.

TPST : 10h

P.S : Petite larme, Benoît a proposé que nous attendions quelques heures pour améliorer notre TPST.

CR rédigé conjointement par chacun des participants de la sortie.

Publié par
Saphire