Date de la sortie
·
Temps d'activité
11 h passées sous terre

Tanne à Paccot A2

Participants
  • Prénom
    Saphire
  • Prénom
    Adeline
  • Prénom
    Aloé
  • Prénom
    Aurore
  • Prénom
    Hélène
  • Prénom
    Aurélie
  • Prénom
    Julie
  • Prénom
    Maria

Le week-end est programmé de longue date, initié à l’occasion d’une demande de subventions. Car oui, des subventions (PSF) sont accordées pour favoriser l’activité des spéléologues féminines, et donc nous faisons un week-end entre meufs, rebaptisé “Sp’elles heho”.

Le démarrage est difficile. Aurore, qui devait faire les courses, a un imprévu au boulot. On dévie donc les 2 voitures partant de Lyon vers Auchan et on cherche l’efficacité avec 2 caddies, 4 chercheuses-rapporteuses, et une scanneuse (moi, Hélène). Arrivée vers 21h dans un très joli AirBNB juste à coté de la boulangerie de Thorens-Glières. Aurore arrive peu après, puis Saphire et Aloé qui enchaînent depuis l’exercice secours de la 3SI.

Enormément de tergiversations sur le programme du lendemain, comme depuis une semaine. C’est que les météos annoncent toutes de la pluie samedi, en quantité qui varie d’un jour à l’autre. Ca a l’air de se stabiliser sur 5-6 mm samedi mais 20 mm dimanche. On décide d’aller quand même à l’A2, mais avec une sortie à 22h maxi pour ne pas risquer de rester coincer. Si bien que le programme est réduit à -270 m maximum, mais des visites des réseaux annexes sur ce trajet.

Descente (par Julie)

Après un demi-tour pour récupérer la corde de l’entrée à notre AirBNB, Hélène, Adéline, Aurélie, et moi rejoignons Aloé, Saphire, Aurore, et Maria au parking. On s’équipe et on monte la petite côte pour arriver à l’entrée. Aurélie part en première pour équiper le puits d’entrée, suivie par Maria, et moi. Après c’est Hélène, Adéline, Saphire, et Aurore. Nous, les premières trois, filons vite. Dans le Grand Puits, Hélène nous dit à attendre au début du méandre. On avait un peu de doute où le méandre commence vraiment donc on continue jusqu’à la fin des petits puits mais on était trop loin. Hélène a voulu nous montrer l’entrée de l’Urinoir mais ça doit attendre le retour.

Nous continuons. Je suis Maria mais vite on ne voit plus Aurélie. On se trouve dans un méandre super étroit, je dois me tirer en bas dans l’eau. Je me demande comme j’avais passé tout ça avant avec un kit… (Surprise, je n’avais jamais passé exactement par là.) Dans une virage je me trouve un peu bloquée, tête devant, un peu en bas. “Hélène!!!” je crie, mais elle aussi est un peu bloquée à la tête d’un P3 et presqu’au point de crier pour Saphire. Heureusement Maria n’est pas beaucoup devant, elle revient et avec une main, je me retire.

Un instant plus tard, on entend la voix de Hélène en haut, je regarde et elle est au dessus! “Vous allez où???” elle demande. Avec Maria nous avons raté le bon passage et corde 😳 J’appelle Maria a revenir et on monte les deux mètres pour atteindre la main courante qui arrive au Puits du Pendule. Quand je commence ma descente, Hélène me dit a regarder à gauche, où le méandre où j’étais avec Maria donne directement sur une falaise verticale de ce Puits 😱😱😱

Pause à la galerie du Bivouac (par Julie)

Quand j’arrive à la Galerie du Bivouac, il y a que Maria un peu au fond. Aurélie n’est pas la… apparemment elle a continuer jusqu’au fond du Puits. Quand Hélène arrive, elle crie en bas pour dire à Aurélie à remonter pour nous rejoindre pour déjeuner.

Méandre sous la Cuisine (par Saphire)

Le premier passage vers le méandre sous la Cuisine dans la galerie du Bivouac commence par une petite désescalade ensuite on voit le méandre mais les prises manquent pour désescalader, il faut une corde. Je remonte pour tenter de rejoindre le méandre par le deuxième passage. Dans ce deuxième passage le méandre finit par être trop étroit. On semble pouvoir passer au dessus (il y a une ouverture) mais on voit aussi une étroiture en dessous (1). En passant la tête dans cette étroiture on voit à sa droite à 90 degrés un laminoir (2).

Je passe les pieds en arrière dans cette étroiture pour reculer et avoir la place de prendre le virage à gauche tête la première. Je rampe dans le laminoir et j’arrive en haut d’un méandre (3). En criant j’entends que ma voix résonne très fort beaucoup plus que dans un méandre. Je vois d’autre départ à gauche vers le haut qui me semble trop étroit. Peut être que les volumes se cachent derrière ? Je crois voir une trace de pas sur une prise dans le méandre. Toutefois si je lis bien les CR de la synthèse l’A2 il semblerait que personne n’ait jamais mis les pieds ici… Je prends pieds dans le méandre où je peux maintenant être à la verticale. J’avance peu vers ma gauche, à droite c’est trop étroit. Le méandre continue d’être vertical mais se pince et devient lisse et les prises manquent. Ma voix résonne toujours très fort comme si de gros volumes se cachaient derrière. Au retour je remonte dans le laminoir au mauvais endroit et ne retrouve pas l’étroiture. Il n’est pas possible de rejoindre l’étroiture à partir de cet endroit du laminoir je dois redescendre dans le méandre et remonter plus tard. J’arrive à mon étroiture de départ (1) je continue d’avancer tête en avant pour pouvoir d’abord passer mes pieds à 90 degrés que Aloé attrape pour me tirer.

Galeries Sans Faim (par Hélène)

Je n’ai pas remis les bottes dans les galerie boyaux Sans Faim et Sans Soif depuis janvier 2013, quand Aurélien et moi les avions topographiées (et fait l’extrémité de la galerie Sans Soif en première). Depuis, Jens a désobé la sableuse de la galerie Sans Faim et a trouvé du plus grand derrière. C’est l’occasion d’aller voir. Aloé, Saphire, Aurore et Adeline se laissent convaincre, mais hésitent plusieurs fois au fur et à mesure que la hauteur sous plafond s’amenuise. C’est vrai que ça n’est pas engageant… Heureusement, nous n’avons pas remis les baudriers retirés pour le méandre sous la Cuisine. Dans un virage à gauche, nous découvrons un affluent venant de la droite avec une très belle coulée de calcite. Apparemment il y a encore une escalade à aller y faire. Puis la galerie reprend de la hauteur et nous arrivons dans une “salle” dont le sol et la paroi gauche sont constitués d’un énorme tas de glaise (je n’avais pas imaginé ça dans les descriptions de Jens. Je trouve les 2 cordes à nœuds posées par Jens pour l’escalader. Je me lance sur celle du fond, et me retrouve rapidement allongée à 40° de la verticale, essayant de passer dans une étroiture, mais sans prises de pieds solides, et le ventre faisant ventouse sur la boue. Je m’épuise… et abandonne. Nouvelle tentative par la corde à l’entrée de la salle, je monte un peu plus haut mais fais demi-tour également avant de voir le haut. Saphire a un peu plus de succès que moi mais ne semble pas transcendée par ce qu’elle voit. Retour au niveau de la Cuisine, enfilage des baudriers par dessus la couche de boue que nous ramenons, et débriefing avec l’autre équipe.

Puits parallèles (par Julie)

Pendant que les autres filent vers les Galeries San Faim et Sans Soif, Aurélie, Maria, et moi partons vers les Puits Parallèles. D’abord nous rampons sur une pente très glissante, il faut faire attention parce que certains “blocs” sont juste de grand ou même moyen cailloux couverts de boue, si on tire dessous, ils peuvent se déloger. On descend deux petits puits. Après, Maria, la première avance mais il y a une désescalade casse-gueule. On savait que c’était possible que ces puits ne sont pas tous équipés. Elle ne trouve pas de spits et on ne sait pas si c’est juste un désescalade ou le début du P20, non-équipé. On ne veut pas se trouver bloquées en bas donc dans le doute, on fait demi-tour. Dans 15 ou 20 minutes nous trois sommes arrivées au bivouac. Maria descend en bas du Puits du Pendule pour voir. Il semble qu’il y a des voix en bas, particulièrement la voix de Hélène. Maria pense à peut-être croiser l’autre groupe en bas. J’avance avec Aurélie vers les Galeries Sans Faim et Sans Soif mais vite il faudrait ramper et je ne suis pas de tout motivée pour faire ça. On voit les baudriers de l’autre groupe donc je fais demi-tour (encore) pour essayer communiquer à Maria, qui est toujours en bas, qu’il n’y a personne d’autre en bas. Avec le bruit de “voix” et l’eau, c’est impossible donc enfin je lui dis juste à remonter et j’explique ce que j’ai voulu dire quand elle arrive.

Réseau de l’Urinoir (par Hélène)

Sur la remontée, nous faisons un détour par le réseau de l’Urinoir. Le passage par le boyau désobstrué n’est pas une partie de plaisir, mais chacune trouve sa technique. Il est convenu que chacune choisisse le côté qui l’inspire, j’ai juste prévenu que l’aval est globalement assez confortable tandis que l’amont est réputé être des puits assez étroits. Ouvrant la marche, je choisis de monter à l’amont que je ne connais pas encore. Julie est la seule à oser suivre. On enchaîne 3 têtes de puits étroites où le pantin est apprécié, 2 pendules avec corde trop courte, puis un peu méandre en oppo « à l’équerre », pour enfin arriver à un endroit où la diaclase s’élargit (5 à 8 m entre les parois), laissant voir 50 m vers le haut et encore 5 m vers le bas. La corde part en vire avec le prochain point à environ 8 m, un nœud au milieu et un trou de pulse juste au dessus. Mais qu’est-ce donc ? Finalement le passage semble effectivement plus facile sans point intermédiaire et un peu plus bas, mais il va falloir ré-équiper. La corde remonte sur 15-20 m (frottement à +5 mais évitable en se plaçant) et la montée se fait juste sous une énorme lame assez impressionnante, derrière laquelle on passe en suivant une longueur de main courante. Puis ça remonte sur 6 m mais sur un monopoint, je me décide à aller voir quand même (la curiosité est un vilain défaut). Ceci amène au départ d’une vire légèrement remontante qui semble bien glissante. Je commence à fatiguer, Julie aussi, le monopoint m’a refroidie et je ne vois pas l’extrémité de la vire. Donc je décide de faire demi-tour. Je pense qu’il s’agit de la dernière vire équipée et d’après les CR d’août ça se termine encore par un seul AF. Précisons que cet vire est à encore 15-20 m du plafond de la salle, il y aura de quoi faire pour tout visiter. Malheureusement, n’ayant pas initialement prévu de visiter tout ça, je n’avais pas emmené les 5 maillons rapides qui auraient permis de remplacer les 5 mousquetons oranges du club, ils y resteront encore, désolée. Julie et moi redescendons juste à temps pour voir la dernière fille de l’autre groupe s’enfiler dans le boyau. Je ferme la marche dans ce dernier.

Remontée (par Julie)

Je ferme la marche pour la remontée depuis l’Urinoir. Aloé est déjà partie, après c’est Maria, Aurore, Hélène, Saphire, Adéline, Aurélie, et moi. Malgré plusieurs offres à prendre le kit, je décide que j’ai envie d’un peu plus de challenge donc je le remonte jusqu’à la fin. Avec les grands puits et longs bouts entre les fracs, le groupe est bien étalé. Une fois dans le Grand Puits, je vois que les trois personnes devant. Adéline se débrouille très bien, ce n’est pas facile! J’entraîne mon mental et même en attendant en hauteur aux fracs, je me sens bien. Parfois j’utilise ma nouvelle longe réglable pour me mettre plus en confort.

Comme le Puits de la Gourde n’est pas fractionné, je me trouve toute seule pour la remontée. J’ai un petit moment de panique — je bouge la poignée et mon pied dans la pédale au même temps et la poignée n’accroche pas à la corde. Pour un instant je pense que je suis attachée à rien et je crie fort. En tout cas, avec le bruit de l’eau personne n’entend et dans l’instant suivant je vois qu’est-ce qu’a passé, je me calme vite et je continue. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ce puits le plus fatigant.

Arrivée au Puits des Ardennais, Aurélie commence à remonter. J’attends qu’elle est deux frac devant moi. Je passe le temps à marcher un peu dans la salle. La partie derrière est plein d’eau et avec les parois tout droit et massif, c’est une vue vraiment impressionnante.

Je suis Adéline et Aurélie, je déséquipe le puits d’entée et je retrouve Aloé, Maria, Hélène et Aurore toujours à côté de l’entrée, bien gélées. On descend dans la nuit vers les voitures.

Dimanche (par Hélène)

Comme d’habitude, il y avait plein de motivation la semaine précédente, mais le soufflé est bien retombé. D’autant qu’il pleut fort et que ça ne va pas s’arrêter. Nous imaginons aller à la fête de la pomme et de la courge à 300 m au village, mais même ça nous ne le ferons pas. Bon, un peu de motivation quand même pour aller à la rivière pour laver le matériel. Sous la pluie. Là, je me rends compte que mon baudrier et mon torse (avec toute la ferraille) ne sont nulle part. Panique à bord. Je finis par remonter aux Glières (dans les nuages) seule en voiture, et je trouve tout mon matériel au milieu du parking ! Etonnant que personne n’ait été tenté de s’arrêter sous la pluie pour ramasser un truc bizarre plein de boue !! Un coup de lavage quand même, aidée par les copines, et nous retournons nous mettre au chaud au gîte. Ca papote bien tout en faisant un dernier bien repas avec les restes. Retour à Lyon à 18h.

Publié par
Saphire