Date de la sortie
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Temps d'activité
8h30 passées sous terre

Tanne à Paccot A2

Participants
  • Prénom
    Hélène
  • 🦇 des participants externes

Le camp franco-allemand entre Troglos et HAV Heidelberg a commencé dimanche en fin d’après-midi. La soirée est déjà bien complexe pour constituer des équipes satisfaisant tout le monde…

Quelques jours avant, Jens m’a chauffée pour que j’aille terminer la vire à 150 m de haut au-dessus du Grand Puits (à l’arrivée au Gymnase). Il a également suggéré que je fasse binôme avec Hanna, qu’il faut motiver pour retourner dans une cavité verticale. J’ai eu le temps de me préparer psychologiquement, et je motive Hanna à son tour. Sachant que c’était beaucoup pour elle et qu’elle passerait pas mal de temps à attendre, je charge ma vieille lampe acétylène et la lui offre pour qu’elle puisse se réchauffer (ce qu’elle appréciera beaucoup).

Nous avons un kit chacune (perfo, plein d’amarrages, 40 m de corde, marteau…) mais pas trop lourds. J’attends un peu Hanna à la descente, la semaine me prouvera que l’utilisation du descendeur Stop ralentit pas mal le spéléo. Passage du siphon temporaire, puis j’attaque la montée du Grand Puits. Les vieilles cordes sont vraiment épaisses, il y a un endroit avec un angle qui frotte vraiment beaucoup avant de pouvoir penduler. J’y vais lentement, Hanna a du mal à suivre. À la sixième longueur, je l’attends et lui prend son kit. C’est certainement trop tard. Je lui montre même la technique de la pédale italienne, qu'elle teste mais finalement n’appréciera pas. On attaque ensuite les dévers dans la partie haute. Rien de très agréable, et ça me rappelle l’expérience des goujons de seulement 5 cm de long qui semblaient s’éjecter lorsque j’ai fait l’escalade de cette partie. Hanna arrive au fractio plein vide, et je suis juste au-dessus. Elle a énormément de mal, à se longer je crois. Je sens qu’elle est prête à craquer. Je l’encourage, mais malgré tout je lui dis qu’il est également possible de redescendre si elle préfère. Je sais que ça ne sert à rien de forcer quelqu’un. Après un petit moment, elle prend la décision de continuer. La vire sera encore difficile, mais la salle du Gymnase est confortable pour se reposer.

Je mange un morceau assez vite, et j’attaque rapidement le rééquipement de la vire. Les cinq premiers mètres sont déjà faits, je passe sans rien changer. Raboutage sur le double amarrage, et c’est parti pour une zone sans aucune prise. Premier goujon sans souci. Puis l’horizontale arrive sur de la calcite, pas de chance. Je tente quand même le goujon dedans, mais évidemment il tourne. J’abandonne. J’avise à la place une mini colonne 70 cm plus bas, où j’arrive à installer une dyneema. Ça ne sera pas du tout confortable, mais je ne vois pas mieux. Ça me permet d’atteindre de la bonne roche plus loin et revenir à peu près à hauteur de ma ligne initiale, avec une plate-forme fuyante pour les pieds en prime. À partir de là il faut monter un peu, je rajoute un goujon et un pulse qui me permettent d’aller m’asseoir sur une grosse protubérance de roche à la surface bien plate, dont j’écarte tous les cailloux afin d’ éviter de leur faire dévaler 150 m. Malgré tout à la fin, il y en a bien un qui finira par tomber, faisant un vacarme pas possible. Deux goujons au-dessus de ma tête (plus un troisième foiré) et je termine cette ligne. Je me penche un peu pour essayer de voir la lucarne qui est presque accessible. Je vois que ça monte mais je n’ai plus l’énergie pour y aller. Je laisse le reste de la corde en poupée au bout de la vire.

Pendant tout ce temps, j’ai entendu Leo arriver et partir explorer les escalades et terminus du Gymnase. Puis j’ai entendu également Adrien et Jan prendre leur temps pour monter jusqu’à nous, puis discuter avec Hanna qui était sortie de son poncho-acéto pour les accompagner auprès de Leo.

Il est temps pour nous de sortir. À la descente, je reprends les 2 kits. Au fractio plein vide, je dois aller aider Hanna qui n’arrive pas à se soulever pour se délonger. Le reste se passe bien mais lentement. Nous sortons dans les premières, et Hanna sera bien plus à son affaire à la cuisine le soir, pour notre grand bonheur à tous.

Publié par
Hélène