Date de la sortie
·
Temps d'activité
23h30 passées sous terre

Tanne à Paccot A2

Participants
  • Prénom
    Olivier
  • Prénom
    Jens

Objectif du weekend :

- Nuit en bivouac

- Changer une corde au Puits des Bricolos

- Topographie

JOUR 1 :

Jens et moi (Olivier) nous retrouvons à 8h au local du club.

Ayant étudié la topo et la fiche d'équipement la veille, je m'attends à enkiter 500 mètres de cordes, et j'imagine déjà l'ampleur du nettoyage que cela va nécessiter à notre sortie.

Fort heureusement, Jens me rassure : la grotte est équipée en fixe ! Quel soulagement !

Nous pouvons donc partir légers, avec 3 kits pour nous deux :

- un kit bivouac (duvets, nourriture, popote)

- un kit explo (perforateur, disto, mèches, mousquetons, amarrages, cœur pulse).

- un kit progression (corde à changer, corde d'encadrement)

Nous arrivons au plateau des Glières vers 11h.

La chaleur de Lyon et ses 40°C est déjà loin, mais les 30°C sont quand même atteints en Haute-Savoie.

Nous nous équipons et nous engouffrons rapidement au frais, sur les coups de 12:15h.

Notre première étape consiste à filer à la galerie du bivouac pour nous délester de nos affaires.

Je découvre ces grands puits que nous enchainons rapidement, si bien que je n'ai pas vraiment le temps de prendre conscience de la profondeur à laquelle nous sommes déjà arrivés.

L'arrivée aux tentes se fait sans encombres. Mon cœur de trekkeur ne peut s'empêcher d'être émerveillé en trouvant des tentes dans un endroit si improbable !

Nous posons les kits et partons en direction des Puits Parallèles pour topographier un petit trou.

Jens me montre succinctement le fonctionnement du Disto. Il le calibre en un clin d'œil, pose un point de vernis rouge (je ne peux m'empêcher de rire intérieurement à l'idée que Jens ait pu subtiliser ce vernis à sa femme) et s'engouffre dans l'étroiture qui mène au petit trou de seulement quelques mètres carrés.

J'attends patiemment dans le calme et le noir, voyant tantôt son pointeur laser s'échapper du trou, tantôt la lumière de sa frontale qui vient me sortir des ténèbres.

Le temps que Jens ressorte et charge les données du Disto sur le téléphone, je vais constater moi-même à quoi ressemble ce trou.

En resortant, Jens me montre le rendu 3D de tous les tirs de Disto qu'il eut réalisés, et dessine les contours de cette micro-galerie qui nous a servie d'échauffement à la topographie.

Nous poursuivons notre aventure, toujours en direction des Puits Parallèles, où Jens veut topographier un autre méandre sur la route.

Nous trouvons un bon fonctionnement à notre binôme : Jens réalise les tirs de Disto dans toutes les directions pour topographier l'entièreté d'une salle, pendant qu'Olivier progresse devant en ligne de vue pour lui indiquer les points à viser les plus pratiques pour rattacher les points de galerie en galerie.

Je découvre les plaisirs de la topographie après avoir étudié la topo : des étroitures où les passages sont rares, et où l'on ignore sur quoi nous allons tomber.

En l'occurrence, après deux méandres latéraux superposés, nous atterrissons sur une petite salle de 1,5 mètre d'envergure qui nous révèle une petite concrétion au plafond.

Nous progression jusqu'en haut de Puits Parallèles, ou une succession d'étroitures est relevée au Disto jusqu'au sommet d'un Puits qui nous fait faire demi-tour pour éviter de nous mouiller.

Dernière étape de la journée, nous descendons encore pour aller topographier un méandre en haut du Puits des Bricolos.

La zone est plus basse sous plafond. La pelle que nous apercevons après de multiples étroitures me et la puce à l'oreille : les étroitures risquent d'être encore plus étriquées.

Je progresse toujours en premier pour aider Jens à cibler les points pratiques au Disto.

Je ne me rends pas compte de l'étroiture jusqu'à ce que Jens me pose une question ; je cherche à prendre mon air pour lui répondre, mais ma cage thoracique est sur le moment trop comprimée pour pouvoir se gonfler et lui répondre. Heureusement, nous arrivons à la fin de la galerie ! Jens me rejoint pour topographier le fond de la galerie. Je le vois progresser à une vitesse folle, à plat ventre dans cette étroiture. Je ne peux m'empêcher de lui dire que ça m'étonnait de le voir sourire autant alors qu'il rampait dans la boue dans une étroiture. "Du sable ! C'est du sable !", me rétorque-t-il. Ma vision change totalement ; j'imagine désormais Jens comme s'il dévalait la Dune du Pilat à plat ventre.

Je tente de prendre la pelle pour contribuer aux avancées, mais il est déjà 22h, et le fait d'être resté dans ces étroitures aussi longtemps me fait manquer un peu d'air.

Nous retournons au bivouac.

Après une journée animée, je fais chauffer de l'eau pour Jens et moi.

Jens cherche partout ses nouilles instantanées, sur lesquelles il n'arrive pas à mettre la main. "Le pauvre, me dis-je, je n'aimerais pas être à sa place".

Je sors mon lyophilisé, je cherche ma fourchette, sur laquelle je n'arrive pas non plus à mettre la main. "On fait une belle paire, me dis-je". Nous coupons l'eau qui n'avait même pas fini de chauffer, terminons notre collation, et allons dormir.

Après 10h à crapahuter partout, je me couche en bury dans mon duvet 0°C confort, mais je meurs de chaud. J'hésite à enlever la bury, mais la flemme s'empare de moi et je ferme les yeux en l’état.

Je fais bien de ne pas l'ôter, car le froid me rattrape pendant mon sommeil : bury fermée jusqu'au cou, duvet remonté jusqu'aux oreilles, buff sur la tête, et je termine ma nuit recroquevillé dans le duvet !

JOUR 2 :

Réveil à 07:00h du matin. Nous prenons le temps de petit déjeuner, et le calme qui règne alors que nous mangeons me fait réaliser que nous devions tous deux avoir passé une nuit mouvementée.

Nous redescendons au Puits des Bricolos où Jens veut explorer un peu et en profiter pour changer une corde.

Cette phase exploratoire permet de mettre à contribution le perforateur, pour aider Jens à équiper et à progresser. Ne sachant pas sur quoi nous allions tomber, je lui laisse beaucoup d'avance, et Jens m'indique finalement que cela ne vaut pas le coup que je le rejoigne jusqu'au bout.

Jens me rejoint donc, et nous faisons donc demi-tour ensemble, en direction de la surface.

Au départ de -300mètres, nous remontons jusqu'au bivouac pour récupérer tous les kits, puis nous enchainons la remontée qui me parait interminable. J'ai pourtant l'habitude de faire beaucoup de cardio, de course à pied, de vélo et d'escalade en plus de la spéléologie, et pourtant je peine à suivre Jens qui semble remonter sans aucune difficulté. Mes jambes et bras sont tous flagadas ! Dans mon malheur, le torse du baudrier d'initiation m'arrache les trapèzes et se desserre tous les 2-3 mouvements ; il me permet de penser à autre chose que ma fatigue.. Note à moi-même : mon prochain achat équipement sera un torse tout confort.

A l'approche de l'entrée, l'odeur des pins me met du baume au cœur : l'ascension est terminée.

Nous sortons de l'A2 à 15:40h.

Nous prenons la voiture direction Lyon. Après quelques minutes seulement, Jens fait une petite pause pour piquer une tête dans l'eau fraiche au début du sentier Pas du Roc, puis nous réalisons le reste du retour.

TPST : 26h20min.

Publié par
Olivier