Date de la sortie
·
Temps d'activité
8 h passées sous terre

Gouffre de la Conche

Participants
  • Prénom
    Amandine
  • Prénom
    Jérémy
  • Prénom
    Agathe
  • Prénom
    Victoire
  • Prénom
    Mathilde
  • Prénom
    Enora
  • Prénom
    Romain
  • Prénom
    Guillaume

Nous avons rendez-vous au local à 8h30 en ce dimanche gris et froid. Enora est déjà arrivée, on se présente puis bientôt Mathilde, Victoire, Jérémy et Agathe nous rejoignent. Les kits de cordes sont déjà prêts de la veille et partis avec Guillaume et Peche qui équiperont la grotte avec un peu d'avance.

Je monte en voiture avec Enora et Mathilde, toutes les deux expérimentées mais peu pratiquantes ces derniers temps.
Nous sommes les dernières à arriver sur le parking. Nous nous changeons sous la bruine et entamons une marche d'approche tranquille où nous nous faisons alpaguer par un chien. Plus loin deux chevaux adorables viennent à notre rencontre derrière leur barrière. Encore quelques pas et nous sommes arrivés. Je n'avais jusqu'à présent vu que des entrées "naturelles" de grottes. Cette fois-ci, une trappe lugubre donnant directement sur un puits nous attend. Mathilde part en première et je suis censée la suivre. Elle descend, absorbée par l'obscurité et c'est maintenant mon tour.

Les puits s'enchaînent ensuite rapidement jusqu'au blocage. Nous avons rattrapé Peche et Guillaume qui semblent rencontrer quelques difficultés avec l'équipement. Je découvre que les spéléos frustrés se lancent facilement dans un roleplay d'enfant insupportable en voiture. Les "on arrive quand ?" et "j'en ai marre !" fusent. Enora chantonne "passez pompons les carillons" et Jérémy fabule qu'il aurait vu une grenouille.
Notre attente prend fin quand Mathilde, descendue prendre des nouvelles des garçons, nous annonce que nous pouvons enfin avancer ! Guillaume nous crie de loin que la suite du parcours est plus humide. Passablement refroidis par cette nouvelle, nous décidons de nous retrouver un peu haut pour déjeuner.
La salade de pâtes de Mathilde n'a pas pu être contenue par ses deux ziplocs et se retrouve renversée dans un des bidons étanches qui fleurera bon la vinaigrette le reste de la sortie.

Repus et reposés, nous reprenons notre voyage. Lors de la descente d'un grand puits, je suis confrontée à une de mes appréhensions. Je n'avais jusque là fait de frac qu'en salle, surveillée par un•e encadrant•e et cette fois-ci c'est juste moi, les cordes et le vide. Je me longe, je transfère mon équipement et vérifie plus de fois que nécessaire qu'il est installé sur la bonne corde. Un petit coup d'adrénaline lorsque je me dévache mais tout se passe bien et je me fais glisser maladroitement jusqu'au sol. Le chemin continue encore, et tout le monde semble enthousiaste !


Nous sommes venus à bout de cette suite de puits et nous nous retrouvons devant un carrefour. Sur le chemin de gauche, Peche me fait remarquer la beauté des murs, de grands draps plissés extrêmement lisses et polis. Une grenouille immobile aperçue dans un coin me fait regretter d'avoir pensé que Jérémy avait halluciné précédemment.
Il nous faut passer une étroiture sableuse pour continuer. Ceux qui s'y aventurent voient que ce trajet continue encore un moment, et que des marches de métal guident vers la traversée. En attendant Victoire et Guillaume qui sont restés explorer, Jérémy scelle la sortie de l'étroiture d'une muraille de sable et cailloux. Ses efforts resteront malheureusement vains, Victoire la brise d'un revers de la main.

Nous empruntons le deuxième chemin du carrefour, censé nous conduire aux "puits invisibles". Ils semblent l'être vraiment car nous faisons un aller, sans rien trouver, puis le retour, et un autre aller où la voie est trouvée. Un court passage d'escalade en poignée chaussée est nécessaire mais, sentant le chemin du retour arriver et sa quantité de remontées à faire, je reste en bas. Le mystère sur ces fameux "puits invisibles" restera donc entier dans ce compte-rendu. Agathe redescend rapidement et son père, longé au départ de la main courante, la bombarde de boules de terre.

Retour au carrefour. Fini l'exploration, un seul objectif désormais : remonter. Peche se propose de déséquiper, et Victoire l'assistera.
Bon il faut désormais se rendre à l'évidence, une dizaine de puits nous séparent de la terre ferme. Je passe après Mathilde, et mon corps entier subit les effets dévastateurs de ma mauvaise technique de remontée de corde. Je demande à Mathilde si elle n'a pas trop mal aux bras et me dit que pas du tout, et qu'elle a remarqué que je forçais bien trop sur les bras. Les conseils qu'elle me donne seront salvateurs mais pas miraculeux, vu mon état. J'ai parfois du mal à me faire confiance sur des positions en oppositions glissantes, alors que je suis longée et/où sécurisée par mes bloqueurs. Mais je suis encouragée dans l'effort par le systématique "OKAY" joyeux et enthousiaste d'Enora à chaque corde que j'annonce libre.

Et soudain, un léger courant d'air, une faible odeur de terre et un bout du ciel rougi par le coucher de soleil nous rappellent à la fin de notre périple. Je remonte ce dernier puits, arrive à l'entrée de la trappe, fais une erreur de manipulation avec ma poignée mais je ressors indemne. Jérémy, Mathilde et Agathe sont là, frais et pimpants. J'ai là l'amère révélation que, si j'ai de mon côté l'impression d'avoir fait le plus grand exploit athlétique de ma lignée, c'était pour le reste de l'équipe une tranquille sortie de reprise.

Publié par
Amandine