- Date de la sortie
- Temps d'activité
- 31h30 passées sous terre
Gouffre Berger
- Participants

- Prénom
- Julie
- 🦇 des participants externes
Après 6 ans d’atteinte, cette année j’arrive enfin au Camp Berger avec l’équipe “scientifique internationale” piloté par Violeta Zhelayzkova, chercheuse au Musée de l’Histoire Naturelle de Bulgarie à Sofia. Pendant des mois, nous avons fait de réunions pour organiser, on est aussi en contacte avec Rémy Limagne, qui fait beaucoup de promo de notre projet, et la Comité Scientifique de la FFS. Le projet scientifique a deux parties: 1. échantilloner l’environnement (sols et parois) tout au long du Gouffre Berger pour les microbes, principalement les bactéries et champignons et 2. faire de prélèvements sur les combis de speleos avant d’entrer le Gouffre Berger et à la sortie pour voir que c’est-ce qu’on est susceptible à ramener avec nous en rentrant un cavité et ce qu’on pourrait transporter dans la prochaine sortie.
La reste de l’équipe arrive à Lyon petit à petit. Bogdana VASHCHENKO arrive d’abord le vendredi 31 juillet. On fait des courses et et on prendre de matos au locale et des choses que Violeta à commander à Decathlon avant d’y aller au Camp samedi après-midi, où on croise Guillaume, Alban, et Sébastien. On installe la grande tente et range nos matos. Violeta, son étudiante Master Deniz, Angel, et Ves arrive au Camp vers 22h. C’est la première fois qu’on se voit en présentiel. Il y a beaucoup de calins et sourires et tout le monde se couche.
Dimanche, on prépare le matériel scientifique et nos matos spéléo. On passe vite fait au SpéleoTour. Je fais quelques manips. On est obligé aussi de changer nos plans. Deux personnes de l’équipe ont du désisté et ne sont pas venues en France. Violeta vient mais toujours blessée, elle décide de ne pas descendre. Je vais descendre avec Angel et Ves avec objectif le fond. Nous allions prendre les échantillons du fond jusqu’au -500. Bogdana et Deniz seront le deuxième équipe qui va à -500 et prendra les echantillons entre le camp et le surface. Mais une semaine avant le Camp Berger, Deniz s’a blessé au doigt. Elle n’arrive pas faire les manips sur la SpeleoTour mais en larmes elle dit qu’elle est sur qu’elle peut rentrer et aller jusqu’au fond du Berger. Violeta lui explique que ce n’est pas possible. Elle pourrait tenter plus tard (et plus tard dans la semaine elle descend jusqu’au -640 avec un équipe français incluant un médecin). Bogdana, qui n’a pas pu s’entraîné comme prévu et en vu de l’était du doigt de Deniz, ne descend pas. Donc on est qu’un équipe de trois.
On assiste le briefing à 18h. Je fais la traduction en anglais pour Lila (il y a qu’un équipe français pour ce jour). Après, Violeta et moi explique le projet scientifique et nous recrutons plusieurs équipes pour faire de prélèvement sur leurs combis et aussi pour prendre les échantillons du sol et les parois à quelques endroits (-1075, Salle de Treize, etc).
Ça me prendre deux heures à préparer mes matos. J’ai beaucoup d’émotions et je suis un peu apprehensive. Je préviens Angel et Ves que c’est sur que je serai la plus lente dans le groupe. Ils me disent à ne m’inquiéter pas. On mange et on dort.
Dans la nuit je me reveille. Je me lève pour aller au toilette et quand je reviens à la tente, je n’arrive plus m’endormir. J’entends la cloche de l’église. 4 fois. Merde, j’espère que j’ai mal compté parce qu’il n’y a aucune chance que j’arrive m’endormir avant le réveil de 5h s’il est déjà 4h du mat. Je fermes mes yeux. Une cloche. 3h30 j’espère? Non, j’avais bien compté. Dans un moment ma réveil sonne. C’est l’heure de se lever.
Tout est déjà dans la voiture donc on réussi à partir à 5h31. Il fait toujours nuit. Comme c’est moi qui conduit, ça nous prend plutôt 50 min pour arriver au parking de la Molière. On s’équipe et on prend… la mauvaise chemin. Bientôt l’équipe de 4 françaises arrive et nous remets sur le bon chemin. Mais ils sont trop vite et après la première virage ils sont perts du vu. J’avais regarder l’itinéraire la veille mais je n’ai pas la trace et on a vite de doutes. Heureusement, Angel a Wikiloc et du réseau et il arrive à avoir la trace. Quand on arrive à l’entrée, l’équipe français est en train de prendre les échantillons sur leurs combis avec les écouvillons et ils commence. 45 minutes plus tard, à 8h36 très précisement, on les suit. Ves, moi, Angel. C’est l’ordre qu’on va conserver pendant toute la sortie. L’aventure commence!

Le début est tranquil. On est seuls. Il y a quelques points dans les premières méandres / oppos où les parois sont éloignés pour moi, les pas glissants, et le fond loin. Parfois Ves ou Angel me donne une main. Parfois j’avance avec mon dos d’un côté et les deux jambes sur l’autre. On prend 3 échantillons du sol et parois — en bas du puit d’entrée, au Boudoir et dans une petite salle à côté du Boudoir. Ce n’est pas trop long de faire mais chaque arrêt prendre un bon 20-30 minutes au total.

Je me sens bien dans les puits et je ne fais pas de manips inutiles. Souvent je prends la corde fractionnée. En haut du puits Gontard, deux mecs de Petzl avec un débutant nous passe. Bientôt on arrive dans le Grande Galérie. Je descends avec attention, il y a des endroits assez glissants. Plus vite que prévu on voit de reflections argentées, on est arrivé au bivouac! Il est vers midi. Si on compte le temps d’arrêt pour les échantillons, on trouve qu’on est pas mal. Comme je n’avais pas arriver à manger ce matin, j’ai faim et on s’arrête vite fait et je mange mon sandwich.
On continue. On admire vite fait mais on a pas le temps pour vraiment apprécier. Il y a des autres équipes qui vont prélever la Salle de Treize donc on n’a pas besoin de s’arrêter. Angel suggère qu’on continue jusqu’au fond et qu’on prend la reste de nos prélèvements au retour, quand on va avoir plus besoin de pauses. Je souris et disant, “Oui, c’est comme ça que j’avais recommandé qu’on fasse hier, non?” Il sourit, “Oui, t’avais raison.”
On continue. Il y a des endroits reds et quand j’ai le moindre de doutes, je glisse sur mes fesses. Juste en dessous du Balcon, on croise deux hongroises qui remonte depuis le Vestiaire. On parle un peu, je remets ma buff bien sur les cheveux. On arrive au Vagin, où on rempli nos bouteilles. Angel et Ves n’ont jamais vu un tel concrétion et ils adorent. On arrive au Vestaire. On lit le panneau affiché, je prend une grande respiration et on se lance. Angel trouve le premier vire / main courante pas trop confortable. J’essaie d’avancer sont forcer sur les bras mais parfois c’est dur quand-même. Angel me donne quelques conseils. Au milieu de la Salle de Coufinades, on recroise les mecs de Petzl qui vient de faire demi-tour. On parle un peu le temps que le débutant les rejoint et ils continuent à remonter et on poursuit notre descente.
Prochain étape: Le Réseau de Cascades. Dans le premier rappel guidé j’ai un peu mal à mettre le descendeur dans une position confortable, je trouve que ma longe avec le pulley gêne. Je remets le descendeur. Même résultat. Je commence à descendre et je vois que les corde et longes se range toutes seules. Je descend le prochain rappel guidé plus vite et facilement.
Après la Cascade de Topographes, on croise un hongrois tout seul qui a fait demi-tour vers -900 pendant que son équipe continuait plus bas. On regarde la carte avec l’aide du hongrois pour se localiser. J’avais pensé qu’on a déjà passé le Grand Canyon et je suis un peu déçue de me rendre compte qu’on est qu’à la Salle Eymas et toujours loin du fond.
En haut du (vrai) Grand Canyon, on croise la reste d’équipe hongrois. Ils ont fait demi-tour en bas du Puit d’Ouragan. Les filles sont confiantes que c’était le bon choix. Un de mec est déçu juste qu’au point du colère de n’a pas avoir aller jusqu’au fond.
On reste pas longtemps, on est déjà dans l’après-midi. Je ne sais pas quelle heure il était mais j’etais ultra lente dans le Grand Canyon et on arrive au remonter pour accèder le Puit de Gâche vers 17h30. Jusqu’au la, le Grand Canyon était la partie la plus difficile pour moi. C’est un enorme toboggan de boue glissant. Mes pieds glissent constamment, qui me pose difficulté pour enlever la tension sur ma poignet (longée) pour descendre. Il y a trois grosses cordes qui sont toutes mélées. On avait commencé la descente ensemble mais les mecs prend d’avance sur moi. Chaque fois que je change de corde au points intermédiaires, ils semble toujours si loin. Je me sens comme si je ne serai jamais arrivée. Le temps que j’arrive à Angel et Ves (après une longe glissade sur les fesses où il n’y avait plus de corde), je sens que j’avais descendu 1000m que dans le Grand Canyon. Il y a toujours une dernière corde à descendre mais c’est beaucoup plus court. On passe le plaque commémorant, en hongrois, István Torda, spéléo hongrois décédé pendant la crue de 1996 au Berger.
On descend jusqu’à la prochaine salle, plein de gros blocs. Il y a une corde qui remonte quelques mètres. On voit une lumière. L’équipe français de ce matin remonte. On attend qu’ils arrivent pour poser quelques questions. Je commence à avoir de doutes. Ils disent qu’on est proche — il reste que deux “petits” (moyens 😅) puits jusqu’au Ouragan. Par contre, les mains courantes pour y arriver sont encore plus sportives de ce qu’on a déjà fait. Je regarde l’heure. C’est vers 17h30, ça fait 9h qu’on descend. Même un comptant le temps pour échantilloner, c’était un peu long. Je suis fatiguée. Je vois clairement que je ralenti les mecs. Et ils sont très motivés pour aller au fond pour prendre les prélèvements la bas. Et je pense au retour — je serai lente encore dans le Grand Canyon et c’est sur que le retour dans le Coufinades sera encore plus fatigant et dur au retour. Malgré mon grand désir d’atteindre le fond, je décide que -900 sera le limite pour aujourd’hui.
Angel et Ves me demande plusieures fois si je suis sûre. J’hésite un moment, je reflèchis, et je confirmes — je vais faire demi-tour. On décide qu’Angel et Ves continueront jusqu’au fond. Je vais me reposer un peu dans la Salle et après je commence à remonter le Grand Canyon et c’est sur qu’ils vont me rattraper. C’est 17h45. Ils partent. Je mange un peu, je me repose un peu dans mon poncho, je même ferme mes yeux un peu en restant assise. Je regarde ma montre. 18h21. Je commence à remonter.
Être toute seule est un peu bizarre. Je commence sans difficulté. Je me souviens comment remonter. Si j’ai de doutes, j’allume ma frontale au max pour un moment pour me réparer. Je remonte la première corde. Je vois à ma gauche où j’avais glissé sur le toboggan et je reste un peu à droite. Mais après un bon moment je commence à m’inquiéter — c’est où la corde? La partie entre les deux cordes n’avait pas l’air si long. J’allume ma frontale. Je ne le vois pas. Je décide à me reposer quelques instants. J’éteins ma frontale. Je bois un peu d’eau. Je respire. Quand je rallume ma frontale je vois la corde juste au dessus de moi. Je continue.
Je m’avais dis que j’allais attendre de voir les lumières d’Angel et Ves avant de continuer. J’avais pensé de les voir peut-être même avant de finir de grimper le Grand Canyon. Mais j’arrive en haut sans avoir rien vu. Je me détache de la dernière partie de la corde et je vois un endroit confortable où je me m’asseoir avec la roche derriere mon dos. Je m’assis sur le kit et j’éteins ma frontale. Il est 19h39. Toujours pas des lumières en bas.
Le temps passe. Je commence à me parler un peu et après je me dis, “Arrêt de te parler, tu n’est pas folle!” 😂 Je commence à m’inquiéter un peu. Angel et Ves sont très expérimentés et tous les deux sont dans le secours spéléo de Bulgarie. Donc je sais qu’il y a très peu de chance que quelque chose est arrivée. Mais… il peut avoir quand-même une… 0.01% chance? Plus que le temps passe, plus que je suis convaincue de rester. J’espère que c’est le bon choix et qu’ils ne seront pas ennervés de me voir toujours la quand ils arrivent. Mais en tout cas je sais que je ne dois pas passer les cascades et les Coufinades seule. Surtout en sachant qu’il n’y aura pas des autres équipes qui arrive en descente jusqu’au la fin matinée / début d’aprem au plus tôt. Et il n’y a pas d’autres équipes en bas. Donc si quelque chose est passée, c’est mieux que je suis la. Même si je ne suis pas sûre que je pourrais faire quelque chose utile si quelque chose est vraiment passé.
Chaque heure, je sort une vêtement de plus. D’abord le poncho. Après ma doudoune. Après la couverture de survie. Et on fin la capuche de ma combi. Parfois je bouge, parfois je me repose. Je fermes les yeux un peu. J’avais hésité à allumer ma bougie, mais j’avais trop peur de m’endormir et me brûler.
En fin je vois de lumière… en haut? Mais c’est que la reflection. Ça bouge et ça monte et enfin Angel et Ves arrivent. C’est presque minuit. Ils sont soulagés de me voir la et que je suis bien. Ils sont d’accord que je les avais attendu au bon endroit.
On mange un peu des amandes au chocolat noir avec du sel. Je ranges le veste, poncho, et couverture. Quand on arrive à la Cascade de Topographes, je suis impressionnée par la bruit. Le lac en bas est plus plein et plus profond. Je suis un peu apprehensive mais la corde est bien à côté et on remonte. La prochaine cascade est aussi plus puissante.
On rentre dans la Salle de Coufinades. Il y a beaucoup d’eau — si je n’avais pas passé juste quelques heures avant, je n’allais pas le reconnaître. Je suis fatiguée et parfois je galère. L’aller, j’avais pu marcher dans l’eau à plusieurs endroits — l’eau arrivait qu’à mes mollets. Maintenant c’est plus haut, plus puissant. J’ai l’impression que l’eau monte toujours, mais pas vite. J’ai peur mais on continue. Je galère beaucoup où les mains courantes tendues monte. Je pense, “Mais je me prendre pour qui que j’avais pu faire ça?” Je me demande pourquoi je n’avais pas resté sèche et heureuse à la maison avec Hervé et Chipie. J’ai peur de traîner, de rester trop longtemps dans cet endroit. Où je dois monter entre les parois sans pieds, Angel m’encourage à marcher sur son genou ou épaule et j’arrive. Je rajoute une mousqueton à ma grande longe et ça facilite encore. Angel me rassure que ce n’est pas dangereux. Je regarde en haut je vois qu’il reste beaucoup de hauteur jusqu’au plafond. Je ravale ma peur. Ça va aller. J’essaye de me rappeler les points secures du topo que j’avais lu la veille. Tout le monde veut juste arriver au Vestiaire mais je sais que j’avais lu que même au dessus de -640, il y a des endroits dangereux. Mais pour l’instant il faut juste mettre un pied devant l’autre, une longe devant l’autre.
Vers la fin de la Salle de Coufinades, juste avant de remonter, il n’y a pas de corde et les deux parois sont très loin pour avancer bien en oppo. J’essaie de mettre mon dos d’un côté et mes pieds sur l’autre mais je vois que je vais tomber dans l’eau en tout cas. Je rentre. Même avec mes néoprens (fins) c’est froid. En plus mon kit rentre et il prend de l'eau. J’avance, je vide le kit, mais je me rappel que j’avais pas mal de vêtements dedans, dans un sac poubelle. Ils sont surement tous mouillés. Et lourd. Avec la semaine de bouffe que j’avais pensé nécessaire de ramener.
La petite plage où on avait croisé les mecs de Petzl n’existe plus. Je contrôle ma peur. J’ai juste envi d’être chez moi avec Hervé et Chipie. Je me dis — je ne sais pas quand je vais refaire la spéléo. Pas pendant longtemps.
Vers la fin de la Salle de Coufinades, on voir un ruban blanc et rouge qui bloque le passage. Angel pense que c’est la sens qu’on doit prendre et que quelqu’un.e a mit le ruban pour que les gens suivant passe pas, avec la montée d’eaux. J’ai de doutes mais Angel et Ves avance un peu pour voir. Le passage fini donc demi-tour. Je regarde au tour et moi et Ves trouve la corde que fait la dernière montée. On passe la main courante en haut, c’est toujours un peu galère. Enfin on arrive au Vestiaire.
On est très contents. Mais j’ai très froid après ma plongée et je suis vraiment fatiguée. Je tremble et je dis à Angel et Ves, désolée mais j’aurai vraiment besoin de me reposer au -500, je n’arriverai pas jusqu’au surface d’un coup. Ils me disent qu’on verra. Ils s’inquietient en me voyant trembler assez fort. Je les rassures que je suis juste très frileuse 🥶 et je tremble comme ça souvent pendant les sorties 🤣. Ils ne sont pas forcement convaincus. Mais quand je me rappelle que mon kit a plongé dans l’eau et que tout peut être mouillé, j’ai envi pleuré. Je sens que je n’ai pas la force de faire toute la remontée. Angel et Ves redisent qu’on verra.
On avance. En plus du froid, j’ai aussi de nausée. Génial. Il y a du moment que je regarde vite les concrétions mais on arrêt pas. Et tout de suite, plus vite qu’on a pensé — on entend de gens et on voit de lumières. On est arrivé au bivouac! 🥳 Il est 4h26. Ça fait 19h50 depuis qu’on a commencé notre sortie et 25h que je suis réveillée.
Une tente au bivouac est libre est on rentre. Je regarde dans mon kit et j’oeuvre le sac poubelle, anxieusement… Et j’ai la chance — j’ai un pull et un pantalon, tous les deux en polaire, qui sont secs. Je me change vite. Angel et Ves me propose de manger. Je les dis que j’ai qu’envie de dormir. Je me sens un peu mal parce qu’ils avaient voulu ramené les sacs couchage et c’était moi qui avais dis — mais non, c’est mieux de descendre et remonter d’un coup. Et enfin c’était moi qui n’étais pas capable (eux ils avaient toujours la force). En plus, ma doudoune et mon poncho sont trempés. Les deux me donnent leurs doudounes et une bouteille avec de l’eau chaud. Je m’allonge sur la côté et je me sens endormir dans quelques seconds. Je n’ai jamais endormi si vite dans ma vie.

Quelques heures plus tard je sens un peu d’air froid et une goute d’eau qui tombe sur moi. Je me réveille en plein panique. J’ai une couverture de survie sur moi et je pense avec mes mouvements en dormant que j’avais arraché le côté du tente. Je reveille Angel (Ves continue à ronfler tranquillement à côté 😴) qui me rassure que tout va bien et je vois que le tente est toujours intacte, c’est qu’une couverture de survie en plus avec laquelle ils m’ont couvert et l’eau vient de la condescension. Je sort ma couverture aussi, je me rallonge, et je dors un peu plus.
À 8h, on commence à se réveiller et bouger doucement. J’ai toujours un peu de nausée. Ves allume le réchaud et je mange de cereal chaud. Ça va mieux. Il fait tellement bon dans le tente, c’est dur à se motiver à se rhabiller mais on arrive. On fait une prélèvement du sol et des parois à côté du bivouac et on repart à 9h30.
La reste de la remontée passe sans incidente. C’est moins dur que j’avais pensé. Le Lac Cadoux est plein et on doit utiliser la main courante. J’essaie d’être efficace et ne pas gaspiller de l’énergie. On croise Romain du GUCEM et un jeune qui descendent au lac et on échange en peu. En remontant on croise de groupes espagnoles qui sont preneurs de notre info sur le niveau d’eau. On croise aussi un groupe de quatre qui part pour faire de l’explo. Dans le méandre j’ai un peu du mal où il n’y a pas de corde et ça descend pas. Parfois Ves ou Angel prend ma longe ou me donne une main quand je dois faire un gros pas qui glisse. Parfois j’utilise ma technique dos / pieds et j’avance comme un vers démente 🪱
Plus qu’on avance, plus que je retrouve de l’énergie et la force. Puits du Cairn, les ressauts Holiday. Au milieu du Puits Ruiz, on voit la lumière du jour et on commence à chanter 🎵 🎶 Et on fin on le Puits d’entrée et c’est bon! Ouah! On l’a fait! 16h02. 31h26 sous-terre.

Il reste que les 3.6km jusqu’au parking, si longue pour remonter que la descente. Je prends la route doucement avec un petit bouchon bovin:

On rentre au Camp Berger où Violeta, Deniz, et Rémy nous accueillent comme d’héros 🥰
- Publié par
- Julie