Date de la sortie
·
Temps d'activité
10 h passées sous terre

Grotte Vallier

Participants
  • Prénom
    Guillaume
  • Prénom
    Jens
  • Prénom
    Alban

Cela faisait un certain temps qu'Alban souhaitait visiter la grotte Vallier, notamment pour descendre le Black Hole, un puits monstrueux de 100 m qui s’équipe plein pot et dont le fond marque quasiment le fond de la cavité à -370 m. De ce puits il ne sera pas question dans ce compte-rendu, du moins très peu, car Jens et moi-même sommes moyennement chauds pour faire le yo-yo en bas d'un gouffre glacial et se taper plus d'une demi-heure de remontée sur une corde interminable ! Nous optons donc pour un objectif plus raisonnable, à savoir la galerie des travaux publics, réputée pour ses belles concrétions d'aragonite et qui se termine par le siphon Caraïbes à -256 m.

Nous nous retrouvons vers 16h30 le vendredi soir pour préparer les kits et prenons la route dans la foulée car nous avons décidé de bivouaquer dans le porche d'entrée de la grotte. Après s'être garé sous l'ancien tremplin de saut à skis de Saint-Nizier, nous entamons la marche d'approche vers 17h45. Il nous faut un peu moins d'une heure pour atteindre les contreforts du Moucherotte. Nous prenons à droite à l’ultime embranchement et attaquons le flanc ouest en suivant un chemin étroit qui monte en zigzaguant. Arrivé au pied des premières barres rocheuses l’itinéraire devient incertain, la neige et l'obscurité croissante n'aidant pas. Le descriptif indiquant que l'ascension finale est équipée de câbles, je m'engage sur une trace qui monte verticalement sur la gauche en m’aidant effectivement d’un robuste câble en acier. Jens me suit tandis qu’Alban tente sa chance en continuant de longer l’abrupt plus loin vers l’ouest. Au bout de 20 minutes, c’est finalement lui qui trouve le porche d’entrée de Vallier. Deux constats s’imposent d’emblée : la position de la grotte sur le fond topo de la carte IGN au 1/25 000 est légèrement trop à l’est et les câbles équipant la montée finale ont laissé place à un réseau fixe de mousquetons (voir carte et notes en fin de CR). Alban, courageux, effectue en solo l’ascension des 10 derniers mètres avant de nous lancer une corde que Jens et moi utilisons avec gratitude. La nuit est définitivement tombée et la vue sur Grenoble, toute scintillante à nos pieds, est magnifique.

Le temps d'installer notre bivouac et de manger il est quasiment 23 h lorsque nous allons nous coucher. Le « boum boum » d'une rave party située en contrebas plus au nord dans la forêt me conforte dans l’idée de prendre mes boules Quiès !

Nous nous levons à 6h et, après un court petit déjeuner, nous nous équipons rapidement. Le temps est magnifique et l’aube naissante sur la vallée toute aussi sublime à contemplée que la vue de la nuit précédente. Alban entre dans la grotte vers 7h pour attaquer tranquillement l'équipement. Jens et moi le suivons un quart d’heure plus tard. Une fois les étroitures initiales passées en rampant laborieusement, nous traversons deux salles ébouleuses. Nous retrouvons Alban qui termine d’installer la 1ère corde au pied de la seconde.

Après nous être faufilés à travers le cadre métallique d’une trappe nous découvrons une série de galeries chaotiques aux parois très déchiquetées. Nous avançons prudemment en suivant les multiples morceaux d'adhésif et fils d'ariane qui nous permettent de traverser sans encombre ce véritable labyrinthe.

Alban continue à équiper les puits suivants et je prends brièvement la relève au niveau du puits Nasa avec son pendule qui s'avère facile à passer grâce à une main courante équipée en fixe. L'aspect douteux de la corde, posée en double, m'incite néanmoins à la « tripler » avec notre propre corde. Jens équipe le P10 suivant qui nous mène à la salle des Pets (charmant…) après laquelle nous débouchons dans la galerie des Fleuves Impassibles.

À partir de là, la progression est plus aisée et nous avançons rapidement. Juste après avoir franchi le Chaos de Sisyphe qui marque la fin de la longue galerie descendante, nous arrivons à un croisement : à droite, la galerie continue à descendre et un marquage à la suie indique sobrement « vers P100 ». A gauche, une courte main-courante, équipée en fixe, permet de passer un petit ressaut. C’est cette dernière option qui nous permettra de contourner le fameux Black Hole que nous devinerons seulement en entendant au loin l’actif s’y jeter.

Après avoir parcouru une galerie sinueuse de petite taille, nous débouchons dans un espace plus grand, légèrement descendant, aux parois déchiquetées et à gauche duquel nous tombons sur une corde d'une dizaine de mètres accrochée au plafond. Une seconde corde de même longueur lui succède et nous permet d'atteindre un nouvel embranchement dont la galerie gauche est signalée (adhésif au sol) comme donnant accès au réseau des Jardins d’Enfants. Nous prenons donc à droite et, après un petit ressaut, un virage à gauche puis un autre à droite, l'apparition aux murs des premières aiguilles blanches nous indique que nous avons enfin atteint la galerie des Travaux Publics.

La densité de bouquets d'aragonite tapissant les parois augmente rapidement et si leur beauté est assez variable, certains sont d’une telle finesse que l’on ne peut que s’émerveiller tout en continuant notre progression. Après avoir passé les deux puits ascendants équipés en fixe, nous tournons à droite pour accéder à la galerie des Orphelins. Un trou d’eau nous barre alors la route et Alban, qui n'a visiblement pas envie de se mouiller les pieds, décide de rebrousser chemin pour nous attendre quelques mètres plus haut. Jens et moi continuons donc tous deux à descendre la galerie toujours aussi riche en concrétions, les fines baguettes d'aragonite laissant progressivement la place à une multitude de petites boules de calcite qui s’avèrent tout aussi fragiles (oups…). Au bout de quelques minutes nous atteignons finalement le point extrême de notre sortie vers 12H30 : le siphon Caraïbes qui mérite bien son nom avec son eau limpide légèrement teintée d'un vert tout tropical !

On s’extasie quelques minutes, heureux d’avoir atteints notre objectif, puis nous faisons demi-tour. Nous marquons une pause déjeuner bien méritée au pied du premier puits ascendant de la galerie des Travaux Publics puis, vers 13h30, nous attaquons la remontée. Celle-ci s'effectue sans encombre, je m'occupe de déséquiper la première moitié de la cavité tandis qu’Alban se charge de la seconde. Nous progressons tranquillement, particulièrement dans la dernière partie, réputée la plus « paumatoire ».

Nous retrouvons avec joie la lumière et la chaleur de l'extérieur aux alentours de 17h00. J'attaque aussitôt l'installation du rappel qui nous permettra de franchir en toute sécurité le promontoire du porche d'entrée. Il est un peu plus de 18h00 lorsque nous entamons finalement la marche de retour vers la voiture que nous atteignons vers 19h30. De retour au local à 21h passées, Jens et moi arrivons à convaincre Alban de repousser le nettoyage au lundi…

Au final, ce fut une sortie fort sympathique : une cavité pas trop compliquée (surtout que je n'avais pas pratiqué depuis 5 bons mois), modérément froide et humide et qui se révèle de plus en plus belle au fur et à mesure de la progression (le début n’est pas joli du tout !).

 

Points de vigilance pour les futures sorties :

-              Bien chercher le porche d’entrée en se basant sur ses coordonnées et pas l’indication de la carte au 1/25 000 de l’IGN. Bien laisser sur la gauche les câbles qui monte pour continuer sur la sente vers l’ouest.

-              La cavité est globalement très bien balisée (morceaux d’adhésif ou de rubalise, fils d’Ariane, flèches tracées à la suie des acétylènes, rares catadioptres), encore faut-il rester bien attentif, surtout au retour dans les niveaux les plus proches de la sortie qui sont les plus labyrinthiques.

-              Pour le contournement du Black Hole, bien faire comme indiqué dans le CR même si ça ne semble pas coller parfaitement à la fiche d’équipement et aux différents descriptifs (sans doute obsolète pour cette partie-là). La topo et la coupe ne sont pas non plus très simples à lire… Après la petite main courante à gauche de l’intersection avec la descente au Black Hole (vers P100), on pénètre une galerie sinueuse et parfois basse de plafond, avec ponctuellement de la boue (suivez les sillons creusés par de multiples paires de genoux !).

Le porche d’entrée (rond orange) est situé légèrement plus à l’ouest que ce qu’indique la carte au 1/25000.

Autant je ne suis pas sûr de moi pour la 1ère partie du contournement du Black Hole, autant je le suis pour l’endroit où le tracé rouge réapparait !

On sourit toujours en début de marche !

La vue sur Grenoble est belle la nuit…

… ainsi qu’au matin !

Un bivouac grand luxe !

Publié par
Guillaume